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Conférence à l’INALCO le 3 avril 2024

Au Laos, les deux guerres d’Indochine suivies de la fermeture des frontières chinoises et thaïlandaises jusqu’en 1991, ont eu comme conséquence de préserver la diversité ethnique des forces du marché régional et de l’industrialisation. Les peuples ruraux, surtout ceux isolés en zones montagneuses, continuaient à vivre en régime de subsistance, selon leurs traditions, croyances et coutumes séculaires.

Dans les années 90, avec plus de 130 groupes ruraux revendiquant des spécificités ethnolinguistiques et historiques particulières, la mosaïque ethnique du Laos est unique. Lors de la période étudiée (1988-2003), malgré les influences externes politiques et économiques, les forces sociales des unités villages et ménages pouvaient encore s’exprimer dans une logique relativement respectueuse des traditions, même si celles-ci avaient déjà bien évolué depuis les années 60.

Le développement rapide depuis le début des années 2000 abandonne sur son chemin la richesse et la diversité des sociétés rurales. Avec l’éducation formelle en langue lao et l’adoption rapide du téléphone mobile et des réseaux sociaux mondialisés, les jeunes générations deviennent également acteurs de la rupture générationnelle de la transmission des savoirs: la génération de l’oubli.

par Laurent Chazée, Expert international en développement durable.