POURQUOI travailler sur les Ressources Naturelles et la Biodiversité au Laos ?

Dans les hautes terres du Laos, les communautés rurales des minorités ethniques dépendent historiquement à la fois des productions agricoles et des ressources naturelles pour leur subsistance. La chasse et la cueillette des produits forestiers non ligneux (PFNL) restent des activités essentielles, à la fois pour la génération de revenus et comme stratégie d'adaptation en cas de pénurie alimentaire ou de perturbation des chaînes d'approvisionnement alimentaire et économique. La consommation de produits forestiers par les communautés des hautes terres du Laos représente l'équivalent de 40 % des revenus totaux des communautés chaque année (Banque mondiale ; 2001). Dans la province d'Oudomxay (districts de La & Namor), les PFNL représentaient 23% des revenus monétaires villageois totaux en 2019. Les PFNL sont une source de revenu secondaire pour la plupart des ménages mais sont essentiels à la subsistance des plus pauvres, qui se caractérisent par une un accès limité à la terre et un faible niveau de main-d'œuvre disponible.

En raison de la croissance démographique et de l'évolution du contexte économique, la pression foncière augmente dans le pays, y compris au niveau communautaire, entraînant l'épuisement des ressources naturelles et des conflits pour l'accès à la terre et aux PFNL pourtant moteurs de développement durable pour les communautés des hautes terres du Laos.

Le Laos est inclus dans le hotspot de la biodiversité indo-birmane. Il est «classé dans le top 10 des hotspots pour l'irremplaçabilité et dans les cinq premiers pour la menace, avec seulement 5% de son habitat naturel restant et avec plus de personnes que tout autre hotspot» (CEPF, 2020). Les écosystèmes lao contiennent une richesse extraordinaire en espèces faunistiques et floristiques, y compris des espèces phares et clés de voûte, telles que l'éléphant d'Asie, les gibbons, les ours, les pangolins, les saola etc… Cette biodiversité est confrontée à de nombreuses menaces, dont les principales sont l'i/l'expansion de l'industrie agriculture, ii/braconnage, commerce et consommation d'espèces sauvages, iii/grandes infrastructures, iv/exploitation forestière, v/faible gouvernance, réglementation et application, vi/faible sensibilisation et connaissance du public, etc. (CEPF, 2020).

QUE FAISONS-NOUS?

Sensibilisation aux questions foncières : pour aider les communautés, les agriculteurs et les femmes à connaitre leurs droits et réduire les risques de conflits fonciers.

Création et mise à jour des plans d'occupation des sols villageois : pour faciliter la gestion avisée des territoires villageois, y compris la protection des zones forestières clés de captage d'eau.

Plans de gestion communautaire des ressources naturelles : pour assurer l'utilisation durable des ressources naturelles, y compris les PFNL (produits forestiers non ligneux).

Création de zones de protection des poissons & zones de conservation des poissons : pour protéger la vie aquatique et sécuriser l'une des principales sources de protéines pour les communautés (poissons).

Enquêtes sur la biodiversité, pour identifier les zones villageoises clés à protéger, pour assurer la protection de la faune et participer à la réduction de l'appauvrissement de la biodiversité.

pour quels résultats?

Depuis 2015, sur l'ensemble des projets CCL :

53 programmes de GRN communautaires créés et mis en oeuvre

26 zones de protection des poissons créées et appliquées